1. Contexte politique et raison d'être du mémoire
Les prochaines élections générales provinciales sont prévues le 5 octobre 2026 au Québec. Cette période préélectorale constitue une fenêtre stratégique pour rappeler aux partis politiques, aux candidates et candidats, ainsi qu'au prochain gouvernement, que la relance manufacturière doit être placée au cœur du développement économique du Québec.
Les Manufacturiers de la Mauricie et du Centre-du-Québec publient ce mémoire afin de faire entendre la voix des PME manufacturières régionales avant que les engagements électoraux et les priorités gouvernementales du prochain mandat ne soient arrêtés. L'objectif est de proposer des mesures concrètes, régionalisées et mesurables pour renforcer la compétitivité, la productivité, l'investissement et la capacité d'innovation des entreprises manufacturières.
Le mémoire répond à un double constat. D'une part, l'industrie manufacturière demeure un pilier économique majeur, particulièrement en région. D'autre part, son poids relatif dans l'économie québécoise s'érode, alors même que les entreprises doivent composer avec la pénurie de main-d'œuvre, les coûts élevés d'investissement, les retards technologiques, la pression réglementaire, l'incertitude commerciale et la nécessité de diversifier leurs marchés.
Message central
À l'approche des élections provinciales, les MMCQ demandent que le manufacturier soit reconnu comme une priorité économique nationale et qu'un ministre dédié à l'industrie manufacturière soit nommé afin d'assurer une coordination politique forte, visible et imputable.
2. Importance stratégique du secteur manufacturier
Le manufacturier constitue un moteur économique essentiel, particulièrement au Québec où il soutient l'emploi, les exportations, l'innovation, la productivité et la vitalité des chaînes d'approvisionnement. Sa contribution dépasse la production de biens : il structure des écosystèmes régionaux complets, mobilise des emplois spécialisés, soutient les donneurs d'ordre et alimente la capacité d'innovation de plusieurs autres secteurs.
En 2024, le secteur manufacturier québécois représentait 55,0 G$ de PIB découlant des biens fabriqués, 218 G$ de ventes de biens fabriqués et 439 000 salariés. Il demeure également un secteur de productivité élevée, avec un PIB par emploi supérieur à celui de l'ensemble de l'économie québécoise.
En Mauricie et au Centre-du-Québec, le secteur manufacturier regroupe plus de 1 100 entreprises et emploie plus de 40 000 travailleuses et travailleurs. Ce tissu industriel diversifié s'appuie notamment sur la transformation des métaux, le bois, l'agroalimentaire, les plastiques, les équipements industriels et les activités liées à la transition énergétique. Il bénéficie également d'infrastructures stratégiques, dont le Parc industriel et portuaire de Bécancour et le Port de Trois-Rivières, qui renforcent la capacité logistique, l'accès aux marchés et l'attractivité industrielle de la région.
3. Réalité régionale : Mauricie et Centre-du-Québec
Ces régions reposent sur un tissu dense de PME manufacturières, dont une forte proportion de petites entreprises comptant moins de 50 employés. Essentielles à la vitalité économique locale, ces entreprises disposent toutefois de ressources financières, techniques et administratives plus limitées pour faire face aux transformations économiques.
Cette réalité régionale est aujourd'hui reconnue au plus haut niveau de l'État québécois. En avril 2026, Christine Fréchette, auparavant ministre de l'Économie, de l'Innovation et de l'Énergie, est devenue première ministre du Québec. Son ancien portefeuille a alors été confié à Bernard Drainville, qui assume désormais la responsabilité de l'Économie, de l'Innovation et de l'Énergie. Lors de sa visite au Parc industriel et portuaire de Bécancour alors qu'elle occupait ces fonctions, Mme Fréchette avait pu constater l'ampleur du développement de la filière batterie et le caractère stratégique de ce pôle industriel pour le Québec. Cette visite confirmait déjà que la Mauricie et le Centre-du-Québec ne sont pas seulement des régions manufacturières traditionnelles : elles constituent également un territoire d'expérimentation et d'accélération industrielle pour les chaînes de valeur d'avenir.
Dans ce contexte, les MMCQ estiment que la région doit être reconnue comme un levier prioritaire d'intervention publique en matière de productivité, d'automatisation, de transition technologique et de diversification économique. Les politiques industrielles québécoises et canadiennes devraient donc prévoir des mécanismes adaptés aux régions manufacturières où les PME, les donneurs d'ordre, les zones industrielles stratégiques et les institutions de formation peuvent agir de manière concertée.
4. Enjeux structurants
Les principaux enjeux incluent la pénurie de main-d'œuvre, le retard technologique, la complexité administrative, la capacité limitée d'investissement et d'innovation, l'incertitude tarifaire et commerciale, ainsi que la difficulté pour les PME de petite taille d'accéder rapidement aux programmes existants.
4.1 Chiffrage de l'érosion du poids manufacturier au Québec
Les sources disponibles confirment une perte d'importance relative du secteur manufacturier québécois. Pour l'emploi, le point de repère explicite le plus robuste est le passage sous le seuil de 15 % en 2007, alors que la fabrication représente maintenant 11,2 % de l'emploi total du Québec en moyenne pour 2022-2024. Pour le PIB, les données récentes indiquent une baisse de la part de la fabrication de 13,6 % en 2019 à 12,4 % en 2024.
Les indicateurs conjoncturels récents montrent également une détérioration du climat manufacturier. En mai 2026, la STIQ qualifiait la situation de « pire année depuis la pandémie » pour plusieurs PME manufacturières québécoises, citant notamment le ralentissement des investissements, l'incertitude économique et les pressions persistantes sur la compétitivité. Cette donnée récente confirme que l'érosion du poids relatif du manufacturier n'est pas uniquement un phénomène structurel de long terme, mais également un enjeu économique immédiat nécessitant une intervention gouvernementale ciblée.
| Indicateur | Niveau antérieur | Niveau récent | Baisse mesurable |
|---|---|---|---|
| Part de l'emploi total au Québec | Le secteur est passé sous 15 % de l'emploi en 2007 | 11,2 % de l'emploi total en moyenne 2022-2024, soit environ 501 100 emplois | Baisse d'au moins 3,8 points de pourcentage, soit environ 25 % de son poids relatif depuis 2007 |
| Part du PIB québécois | 13,6 % du PIB en 2019 | 12,4 % du PIB en 2024 | Baisse de 1,2 point de pourcentage en cinq ans, soit environ 9 % du poids relatif dans le PIB |
| PIB manufacturier réel | Le secteur représentait un PIB découlant des biens fabriqués de 55,0 G$ en 2024 | Recul réel de 2,1 % en 2024, après un recul de 1,1 % en 2023 | Deux années consécutives de contraction réelle |
| Emploi manufacturier récent | 450 000 salariés en 2019 | 439 000 salariés en 2024 | Perte nette d'environ 11 000 salariés, soit 2,4 % depuis 2019 |
| Importance régionale | Moyenne québécoise : 11,2 % de l'emploi dans la fabrication | Centre-du-Québec : 21,6 % de l'emploi total dans la fabrication | Le secteur demeure près de deux fois plus structurant dans le Centre-du-Québec que dans la moyenne québécoise |
Ce recul est stratégique pour les régions manufacturières. Alors que la fabrication représente 11,2 % de l'emploi québécois, elle atteint 21,6 % de l'emploi total au Centre-du-Québec. Le déclin relatif du secteur n'est donc pas seulement un enjeu macroéconomique provincial : il touche directement la vitalité économique, la capacité productive et le potentiel d'innovation des régions manufacturières.
5. Revendications clés des MMCQ
5.1 Approche dédiée aux PME manufacturières
Les PME de moins de 50 employés font face à des contraintes structurelles importantes. Les MMCQ recommandent de simplifier les programmes, d'offrir un accompagnement personnalisé et d'améliorer l'accessibilité au financement.
Un projet pilote 2026-2028 est proposé pour tester un modèle d'accompagnement intégré, incluant formation, innovation, virage technologique, diagnostic de productivité et soutien à la diversification des marchés.
Afin d'assurer l'imputabilité et l'évaluation rigoureuse des résultats, les MMCQ recommandent que ce projet pilote soit accompagné d'un cadre de gestion comportant un budget public clairement identifié, des objectifs mesurables et des indicateurs de performance rendus publics. Le gouvernement devrait notamment préciser les ressources financières consacrées au projet ainsi que les cibles visées en matière d'entreprises accompagnées, de gains de productivité, d'investissements déclenchés et d'adoption technologique.
5.2 Nomination d'un ministre dédié à l'industrie manufacturière
La recommandation centrale des MMCQ est la nomination d'un ministre dédié à l'industrie manufacturière. Cette fonction permettrait de donner au secteur une voix politique claire, de coordonner les interventions gouvernementales et de rendre imputable l'action publique en matière de productivité, d'investissement, d'innovation, de main-d'œuvre et de compétitivité industrielle.
Certains ministères du gouvernement du Québec se voient confier des responsabilités particulières à l'égard de secteurs ou de priorités considérés comme stratégiques pour le développement économique du Québec. Une telle approche favorise une coordination accrue de l'action publique, renforce l'imputabilité gouvernementale et assure une attention soutenue aux enjeux propres aux secteurs concernés.
Les MMCQ considèrent que l'industrie manufacturière présente toutes les caractéristiques justifiant une telle reconnaissance. Avec près de 439 000 salariés, des ventes de biens fabriqués atteignant 218 G$ et une contribution déterminante à l'innovation, à la productivité, aux exportations et à la prospérité des régions, le secteur manufacturier constitue l'un des principaux leviers du développement économique du Québec.
Dans ce contexte, la création d'un poste de ministre dédié à l'industrie manufacturière permettrait d'assurer un leadership politique explicite, de renforcer la cohérence des interventions gouvernementales et de garantir un suivi rigoureux des enjeux liés à la compétitivité, à l'investissement, à l'innovation, à la productivité et au développement des régions manufacturières. Une telle mesure contribuerait également à mieux coordonner l'action des différents ministères et organismes appelés à intervenir auprès des entreprises manufacturières.
Un ministre dédié à l'industrie manufacturière aurait notamment pour mandat de :
- coordonner l'action gouvernementale en matière de productivité, d'automatisation, d'innovation et d'investissement manufacturier;
- simplifier l'accès aux programmes pour les PME manufacturières, particulièrement celles de moins de 50 employés;
- assurer une cohérence entre les politiques de main-d'œuvre, d'énergie, d'exportation, de formation, de fiscalité et de développement régional;
- porter une stratégie manufacturière régionale avec des indicateurs de résultats publics;
- représenter les manufacturiers dans les arbitrages gouvernementaux liés à l'énergie, aux infrastructures, aux tarifs, à la réglementation et aux chaînes d'approvisionnement.
Demande politique prioritaire
Dans le contexte des élections provinciales de 2026, les MMCQ demandent à chaque formation politique de s'engager publiquement à créer un poste de ministre dédié à l'industrie manufacturière au sein du prochain gouvernement.
5.3 Régionalisation des politiques industrielles
Les politiques doivent être adaptées aux réalités régionales. La Mauricie et le Centre-du-Québec offrent un terrain idéal pour tester des approches territorialisées et innovantes.
Les priorités incluent l'investissement, la simplification réglementaire, l'accès à l'énergie, la disponibilité de main-d'œuvre qualifiée, l'automatisation et le soutien aux PME existantes.
5.3.1 Favoriser la mobilité des travailleurs issus de l'immigration
Les manufacturiers de la Mauricie et du Centre-du-Québec constatent qu'un bassin important de travailleurs issus de l'immigration est déjà présent au Québec et souhaite intégrer rapidement le marché du travail. Toutefois, plusieurs de ces travailleurs détiennent un permis de travail fermé, ce qui limite leur mobilité entre employeurs.
Selon les observations recueillies auprès d'entreprises manufacturières de la région et de candidats à l'embauche, plusieurs employeurs seraient disposés à embaucher ces travailleurs s'ils détenaient un permis de travail ouvert ou pouvaient bénéficier d'un mécanisme simplifié de mobilité. Dans sa forme actuelle, le processus administratif peut freiner l'embauche, particulièrement dans les petites PME qui disposent de ressources internes limitées pour gérer des démarches complexes.
Cette situation crée un paradoxe : des entreprises peinent à recruter alors que des travailleurs déjà présents au Québec sont disponibles et prêts à travailler, mais ne peuvent pas être intégrés facilement et rapidement aux milieux de travail.
Recommandations des MMCQ
Les MMCQ recommandent de privilégier la mobilité des travailleurs issus de l'immigration déjà présents au Québec, plutôt que de miser uniquement sur l'augmentation du volume d'immigration. Les gouvernements du Québec et du Canada devraient mettre en place des mécanismes facilitant et accélérant la mobilité professionnelle des personnes qui détiennent déjà un statut légal leur permettant de travailler au pays.
- atténuer les pénuries de main-d'œuvre à court terme;
- accélérer l'intégration économique des personnes immigrantes;
- favoriser leur rétention au Québec et dans les régions;
- réduire la pression financière sur les programmes de soutien du revenu, notamment l'assurance-emploi;
- alléger la charge administrative assumée par les PME manufacturières.
5.3.2 Abaisser les seuils du programme ESSOR qui excluent les petites PME manufacturières
Le budget 2026-2027 consacre 375 M$ au programme ESSOR. Or, les règles d'admissibilité écartent précisément plusieurs entreprises représentées par les MMCQ : les volets numériques 1B et 1C exigent un chiffre d'affaires d'au moins 2,5 M$, tandis que les volets 2 et 3 imposent un plancher de 100 000 $ de dépenses admissibles. Une entreprise d'une vingtaine d'employés qui souhaite automatiser un seul poste de travail peut ainsi ne répondre à aucun de ces critères.
Pour plusieurs PME régionales, les projets les plus porteurs sont progressifs : automatisation d'un poste de travail, acquisition d'un équipement spécialisé, implantation d'un progiciel ou amélioration ciblée d'un processus de production. Ces investissements sont stratégiques, même lorsqu'ils ne franchissent pas les seuils actuels.
Recommandations des MMCQ
- Retirer l'exigence de chiffre d'affaires minimal de 2,5 M$ pour les volets numériques 1B et 1C.
- Abaisser le plancher de dépenses admissibles de 100 000 $ à 25 000 $ pour les entreprises de moins de 50 employés.
- Doubler, d'ici 2029, le nombre d'entreprises manufacturières de moins de 50 employés bénéficiaires d'ESSOR et publier annuellement ce nombre.
- Modifier le cadre normatif dans les six mois suivant l'entrée en fonction du gouvernement.
- Mettre en œuvre ces modifications à enveloppe constante, sans dépense publique nouvelle.
5.3.3 Garantir et publier les délais de traitement
Pour une PME de petite taille, un délai de réponse imprévisible peut coûter plus cher qu'un taux d'aide plus faible. Il empêche de planifier un investissement, de réserver un équipement ou de retenir un fournisseur. Les MMCQ demandent donc des engagements de service publics, prévisibles et mesurables pour les principaux programmes d'aide économique.
Recommandations des MMCQ
- Répondre à toute demande d'aide financière dans un délai maximal de 30 jours.
- Effectuer le premier versement dans les 60 jours suivant l'acceptation.
- Publier trimestriellement les délais médians réels, par programme et par région.
- Mettre ces engagements en vigueur au plus tard le 1er avril 2027.
- Mettre en œuvre ces engagements à coût nul, au moyen d'engagements de service et de mécanismes de transparence.
5.4 Cohérence gouvernementale et leadership manufacturier
Les orientations exprimées au cours des dernières années par Christine Fréchette en matière de productivité, d'innovation, de diversification des marchés et de modernisation industrielle rejoignent largement les préoccupations des manufacturiers de la Mauricie et du Centre-du-Québec. Son accession au poste de première ministre en avril 2026 crée une occasion de faire progresser ces priorités à l'échelle de l'ensemble du gouvernement.
Toutefois, la nouvelle structure gouvernementale soulève également un enjeu de gouvernance. Le portefeuille de l'Économie, de l'Innovation et de l'Énergie est désormais regroupé sous la responsabilité de Bernard Drainville. Malgré l'importance stratégique de ces responsabilités, leur regroupement dans un vaste « super-ministère » comporte le risque que les besoins spécifiques des manufacturiers soient placés en concurrence avec de nombreuses autres priorités économiques, énergétiques, technologiques et administratives.
C'est précisément pour répondre à ce défi que les MMCQ proposent la création d'un ministre dédié à l'industrie manufacturière. Une telle fonction ne viserait pas à remplacer les responsabilités du ministre de l'Économie, mais à assurer une représentation politique constante des enjeux manufacturiers au sein du gouvernement, à coordonner les interventions sectorielles et à garantir un suivi rigoureux des résultats.
Dans un contexte où la première ministre affirme l'importance de la productivité et du développement économique, la création d'un leadership ministériel spécifiquement consacré au manufacturier constituerait un moyen concret d'éviter la dilution des priorités industrielles et de renforcer la cohérence des actions gouvernementales.
Les MMCQ recommandent donc que toute stratégie industrielle québécoise :
- reconnaisse la Mauricie et le Centre-du-Québec comme territoire pilote pour la productivité manufacturière régionale;
- soutienne les investissements en équipements, automatisation et technologies avancées par des mécanismes simples, rapides et adaptés aux PME;
- finance l'accompagnement spécialisé des entreprises dans leurs diagnostics de productivité, leurs projets d'innovation et leurs démarches de diversification de marchés;
- facilite les maillages entre PME manufacturières, grands donneurs d'ordre, institutions de formation, zones industrielles et organismes de développement économique;
- réduise l'exposition des entreprises régionales aux risques commerciaux externes en appuyant le développement de marchés interprovinciaux et internationaux.
6. Main-d'œuvre et compétences
La réussite d'une stratégie industrielle repose sur une main-d'œuvre qualifiée et disponible. Il est essentiel d'investir dans la formation, la valorisation des métiers manufacturiers, la requalification des travailleurs et l'adaptation des programmes de formation aux besoins concrets des PME. Les politiques de main-d'œuvre doivent également favoriser la mobilité professionnelle des travailleurs issus de l'immigration déjà présents au Québec afin de permettre leur intégration rapide dans les entreprises qui souhaitent les embaucher.
Cette approche contribuerait à répondre plus rapidement aux besoins de main-d'œuvre, à favoriser la rétention des personnes immigrantes, à réduire la pression sur les programmes de soutien du revenu et à limiter la charge administrative qui pèse sur les ressources internes des PME.
7. Proposition : laboratoire manufacturier régional
Les MMCQ proposent la mise en place d'un laboratoire régional permettant de tester des politiques publiques, mesurer leur impact et ajuster les interventions.
Ce laboratoire permettrait de donner suite concrètement aux priorités publiques de modernisation industrielle en les adaptant à la réalité des PME manufacturières régionales. Il pourrait servir à expérimenter des parcours intégrés combinant diagnostic, financement, accompagnement technologique, formation de la main-d'œuvre et mesure des gains de productivité.
La Mauricie et le Centre-du-Québec offrent un environnement particulièrement pertinent pour ce type de projet, notamment en raison de la densité de PME manufacturières, de la présence du Parc industriel et portuaire de Bécancour et du Port de Trois-Rivières, du développement de chaînes de valeur industrielles d'avenir et de la capacité des acteurs régionaux à travailler en réseau.
8. Conclusion et appel à l'action
À l'approche des élections provinciales de 2026, les MMCQ appellent les formations politiques à faire de l'industrie manufacturière une priorité économique nationale et à s'engager envers une stratégie intégrée, régionale et mesurable, portée par un leadership politique clair.
La nomination d'un ministre dédié à l'industrie manufacturière constituerait un signal fort : celui d'un Québec qui reconnaît la contribution de ses manufacturiers à l'emploi, aux exportations, à l'innovation, à la productivité et à la prospérité des régions.
Cette nomination apparaît d'autant plus pertinente dans un contexte où les responsabilités économiques sont concentrées au sein d'un portefeuille élargi, ce qui rend nécessaire une voix politique clairement imputable pour le secteur manufacturier.
Cette stratégie doit également éliminer les obstacles concrets qui freinent les petites PME : restrictions à la mobilité de travailleurs déjà disponibles, seuils d'admissibilité disproportionnés et délais imprévisibles dans le traitement des demandes d'aide.
En faisant de la Mauricie et du Centre-du-Québec un territoire pilote, les gouvernements peuvent transformer les ambitions industrielles en résultats concrets. Les MMCQ sont prêts à collaborer avec l'ensemble des partis afin de bâtir une relance manufacturière durable, enracinée dans les PME, tournée vers l'innovation et créatrice de prospérité dans toutes les régions du Québec.
Références publiques utilisées pour l'enrichissement de ce mémoire
- Élections Québec, élections en cours et à venir : prochaines élections générales provinciales prévues le 5 octobre 2026.
- Guichet-Emplois, profil sectoriel Fabrication, Québec, 2025 : 501 100 personnes en emploi dans la fabrication et 11,2 % de l'emploi total du Québec en moyenne 2022-2024.
- STIQ, Baromètre industriel québécois, 16e édition, 2025 : 439 000 salariés manufacturiers, 55,0 G$ de PIB découlant des biens fabriqués et 218 G$ de ventes manufacturières en 2024.
- Gouvernement du Québec, communiqués sur la modernisation et la productivité manufacturière, incluant l'appui à Série-Act Peinture et l'appui à Rinox et I-Nov Pak.
- Les Affaires, déclaration de Christine Fréchette sur la diversification des marchés et la réduction de l'exposition au marché américain.
- La Nouvelle Union, visite de Christine Fréchette au Parc industriel et portuaire de Bécancour.
- Gouvernement du Québec, évolution de la composition du Conseil des ministres, avril 2026 : accession de Christine Fréchette au poste de première ministre et attribution du portefeuille de l'Économie, de l'Innovation et de l'Énergie à Bernard Drainville.
- STIQ, données publiées en mai 2026 sur la conjoncture des PME manufacturières québécoises : « pire année depuis la pandémie ».
- Budget du Québec 2026-2027 et cadre normatif du programme ESSOR : enveloppe annoncée, seuils d'admissibilité et dépenses admissibles.
- Gouvernement du Canada, règles applicables aux permis de travail liés à un employeur et à la mobilité des travailleurs étrangers temporaires.